Catastrophe naturelle du 16 octobre 2026 dans l’Aisne : inondations à Attilly et Foreste, sécheresse à Barzy-en-Thiérache

Publié le

Mise à jour 23/10/2026

Un arrêté publié au Journal officiel du 23 octobre 2026

L’arrêté du 16 octobre 2026 portant reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle a été publié au Journal officiel n°0248 du 23 octobre 2026, sous la référence NOR : INTE2627286A.

Pour le département de l’Aisne, ce texte traite deux phénomènes très différents : les inondations des 27 et 28 juin 2026 dans le Saint-Quentinois, et la sécheresse de l’année 2025 en Thiérache.

5 communes axonaises figurent dans cet arrêté. 3 sont reconnues, 2 sont rejetées. Pour les propriétaires concernés, cette distinction change tout : elle conditionne l’ouverture de la garantie catastrophe naturelle de votre contrat multirisque habitation.

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Catastrophe naturelle dans l’Aisne (02) : inondations et sécheresse - Arrêté du 16 octobre 2026

Le contexte local : la nuit orageuse du 27 juin 2026

Le 27 juin 2026, l’Aisne a été placée en vigilance orange orages par Météo-France, de 20h à minuit. La préfecture annonçait alors une forte activité électrique, des rafales pouvant dépasser 100 km/h, de la grêle de taille moyenne à grosse et des précipitations pouvant atteindre localement 50 mm.

Le bilan a été lourd à l’échelle départementale. La préfète de l’Aisne, Fanny Anor, a fait état de 131 communes touchées par des coupures d’électricité ou des interventions de secours, de près de 5 000 appels reçus en moins de douze heures et de jusqu’à 56 000 foyers privés de courant. Le trafic ferroviaire vers Saint-Quentin et Laon a accusé plus de 4 heures de retard.

Les 4 communes concernées par le volet inondation se trouvent toutes dans l’arrondissement de Saint-Quentin, dans un rayon de quelques kilomètres : Attilly et Foreste relèvent du canton de Saint-Quentin-1, Dury et Pithon du canton de Ribemont, entre Saint-Quentin et Ham.

Le détail de l’arrêté, commune par commune

Volet inondations : 27 et 28 juin 2026

CommuneCode INSEEDécision
Attilly02029Reconnue
Foreste02327Reconnue
Dury02273Rejetée
Pithon02604Rejetée

Le motif retenu est strictement pluviométrique. Pour Attilly et Foreste, les cumuls de pluie relevés présentent une période de retour supérieure à 10 ans. Pour Dury et Pithon, cette période de retour est inférieure à 10 ans.

Volet sécheresse : année 2025

Barzy-en-Thiérache (code INSEE 02050) est reconnue au titre des mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols, pour la période du 1er janvier au 31 décembre 2025.

Deux critères devaient être réunis, conformément à la circulaire n° IOME2322937C du 29 avril 2024. Le critère géotechnique est satisfait : des argiles sensibles au retrait-gonflement sont présentes sur plus de 3 % du territoire communal. Le critère météorologique l’est aussi : l’indice d’humidité des sols de la commune affiche une période de retour supérieure à 10 ans.

Comprendre la “période de retour”, en clair

C’est la notion qui décide de tout, et elle est souvent mal comprise.

Une période de retour supérieure à 10 ans signifie qu’un épisode d’une telle intensité ne se produit statistiquement pas plus d’une fois tous les dix ans à cet endroit précis. L’événement est donc jugé anormal, condition posée par l’article L.125-1 du Code des assurances.

Une période de retour inférieure à 10 ans ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu de dégâts. Elle signifie que, du point de vue statistique, l’intensité de la pluie reste dans la normale locale. C’est précisément le cas de Dury et de Pithon, pourtant voisines immédiates de Foreste.

Cette frontière administrative explique une situation vécue comme injuste : une maison inondée à Pithon n’ouvre pas droit à la garantie catastrophe naturelle, alors qu’une maison à 6 kilomètres, à Foreste, y ouvre droit.

Quelles conséquences pour votre maison ?

Après les inondations du Vermandois

Les désordres liés à l’eau se révèlent rarement tout de suite. Dans les semaines et les mois qui suivent, surveillez :

La grêle et les rafales de cette nuit du 27 juin relèvent, elles, des garanties classiques tempête et grêle de votre contrat, pas de la garantie catastrophe naturelle. Les deux déclarations peuvent se cumuler.

Après la sécheresse 2025 à Barzy-en-Thiérache

La sécheresse n’abîme pas la maison, elle abîme le sol d’assise sous les fondations. L’argile se rétracte en se desséchant, puis gonfle en se réhydratant. Ce mouvement n’est pas uniforme : il est plus marqué d’un côté de la maison que de l’autre, par exemple côté sud ou près d’un arbre. On parle de tassement différentiel.

Les signes à repérer :

Un point mérite attention à Barzy-en-Thiérache. À l’échelle de la commune, la cartographie publique classe l’exposition au retrait-gonflement des argiles comme faible. L’arrêté confirme pourtant la présence d’argiles sensibles sur plus de 3 % du territoire. Les 2 informations ne se contredisent pas : la carte s’interprète à l’échelle de la parcelle, et une commune globalement peu exposée peut abriter des secteurs argileux. Vérifiez votre adresse exacte sur Géorisque ou via l’Application Koudepouce. Une nouvelle carte d’exposition, issue de l’arrêté du 9 janvier 2026, s’applique depuis le 1er juillet 2026.

À noter : la commune a déjà connu 5 reconnaissances de catastrophe naturelle depuis 1993, dont 3 en inondations, une en mouvement de terrain et une en sécheresse. L’historique compte dans l’analyse d’un sinistre.

Dury, Pithon : une décision de rejet n’est pas la fin du dossier

Si votre commune a été rejetée, plusieurs voies restent ouvertes.

Une nouvelle demande peut être portée par la mairie, appuyée sur des éléments complémentaires : relevés pluviométriques locaux, témoignages, photographies horodatées, rapports des services techniques. Les postes de mesure officiels sont parfois éloignés et ne reflètent pas toujours la cellule orageuse qui s’est abattue sur un secteur précis.

Un recours gracieux auprès du ministère de l’Intérieur, puis contentieux devant le tribunal administratif, est également possible dans un délai de deux mois à compter de la publication.

Enfin, certains dégâts relèvent d’autres garanties que la catastrophe naturelle : tempête, grêle, dégât des eaux, refoulement de réseau, voire responsabilité d’un tiers en cas de défaut d’entretien d’un ouvrage hydraulique. Un dossier rejeté au titre du régime CatNat n’est pas forcément un dossier sans indemnisation.

Se faire accompagner : le binôme expert d’assuré et avocat, collectif Koudepouce

Le délai de déclaration : 30 jours

Vous disposez de 30 jours à compter de la publication de l’arrêté au Journal officiel, soit jusqu’au 22 novembre 2026, pour déclarer votre sinistre à votre assureur.

Une déclaration tardive n’est pas automatiquement perdue. L’assureur ne peut opposer la déchéance de garantie que s’il démontre un préjudice causé par le retard, et le retard est inopposable en cas de force majeure. En pratique, un dossier déposé hors délai mais correctement documenté est souvent instruit. Ne renoncez pas sans avoir fait examiner votre situation.

Pensez aussi à la franchise légale, non rachetable : 380 € pour une habitation, et 1 520 € pour les dommages consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols.

Les preuves font le dossier

C’est le point sur lequel se gagnent ou se perdent la plupart des indemnisations.

Photographiez tout, avec une mise à l’échelle pour les fissures. Datez vos clichés. Conservez les biens endommagés avant toute évacuation. Rassemblez vos factures d’achat, vos devis de réparation et, pour les désordres structurels, tout document technique antérieur : étude de sol, permis de construire, rapport de diagnostic. Posez des témoins de fissures et relevez leur évolution : une fissure qui bouge au fil des saisons est le marqueur d’un mouvement de sol actif.

Transmettez un état des pertes chiffré, pas une simple liste.

Pourquoi ne pas rester seul face à l’expert de l’assurance

L’expert mandaté par votre assureur travaille pour votre assureur. Il est compétent, mais il n’a pas pour mission de défendre vos intérêts. Face à lui, un expert d’assuré rétablit l’équilibre technique : il analyse l’origine des désordres, écarte les causes étrangères trop vite avancées, chiffre les réparations réellement nécessaires et vous représente en expertise contradictoire.

Emmanuel Fiquet, expert d’assurés, intervient sur les sinistres inondation et sécheresse dans l’Aisne. Son rôle est de documenter techniquement votre sinistre et de porter votre position lors des réunions d’expertise.

Lorsque le litige se durcit, refus de garantie, imputation à un défaut de construction, indemnisation manifestement insuffisante, l’appui d’un avocat devient décisif. Emmanuel Hilaire, avocat expérimenté en sinistres catastrophe naturelle, sécurise les délais, encadre la procédure et porte le contentieux si nécessaire.

Ce binôme technique et juridique est la configuration la plus solide pour un dossier en catastrophe naturelle, en particulier sur les sinistres sécheresse, où la discussion porte presque toujours sur la cause des fissures.

Questions fréquentes

Ma commune est reconnue, mais mes fissures sont apparues en 2024. Suis-je couvert ?

L’arrêté couvre la période du 1er janvier au 31 décembre 2025 à Barzy-en-Thiérache. Des désordres antérieurs ne relèvent pas de cet arrêté, mais ils peuvent relever d’une reconnaissance précédente, la commune en compte cinq depuis 1993. L’enjeu est de rattacher chaque fissure à l’épisode correct. C’est un travail d’expertise, pas une déclaration de bonne foi.

Je suis à Dury ou à Pithon et ma maison a été inondée le 27 juin. Que faire maintenant ?

Déclarez quand même le sinistre à votre assureur sans attendre, au titre des garanties dégât des eaux, tempête ou grêle selon les dommages constatés. Signalez-vous en mairie pour alimenter une éventuelle nouvelle demande communale. Et conservez l’intégralité de vos preuves : si une reconnaissance intervient plus tard, votre dossier sera prêt.

Comment distinguer une fissure de sécheresse d’une fissure sans gravité ?

Les microfissures d’enduit, fines et superficielles, sont courantes et sans conséquence structurelle. Les fissures de sécheresse sont généralement traversantes, orientées en escalier ou en diagonale depuis les angles d’ouvertures, souvent accompagnées de portes qui frottent ou d’un dallage désolidarisé. Au-delà de 2 mm, et surtout si elles évoluent, faites-les examiner. Seule une analyse croisée des désordres, du sol et des fondations permet de conclure.

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